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Le paiement direct : faire verser la pension par l’employeur ou la banque

La procédure la plus rapide quand on sait où le parent débiteur perçoit ses revenus.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale

Le paiement direct permet au parent qui ne reçoit pas sa pension de se faire payer par un tiers qui détient de l’argent du débiteur : son employeur ou sa banque, par exemple. Il suffit d’un titre exécutoire et d’un seul jour de retard. Le commissaire de justice notifie la demande au tiers dans les huit jours ; le tiers a huit jours pour répondre, puis il verse la pension chaque mois directement au créancier. La procédure couvre aussi les arriérés, mais seulement ceux des 6 mois précédant la notification, versés en 12 mensualités égales. Exemple : une pension de 300 € impayée depuis quatre mois donne 1 200 € d’arriérés, soit une retenue de 400 € par mois pendant un an, pension courante comprise. Les frais sont à la charge du débiteur.

Ce que l’employeur retiendra chaque mois

Retenue mensuelle pendant 12 mois

400 €

Arriérés couverts (6 mois au plus)1 200 €
Pension courante300 €
Puis, chaque mois300 €
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Les étapes, avec leurs délais

ÉtapeQuiDélai
Remettre le titre, le décompte et les informations sur le débiteurle créancier, au commissaire de justicedès le premier impayé
Notifier la demande au tiers (employeur, banque…) et informer le débiteurle commissaire de justice8 jours
Accuser réception et dire si le paiement est possiblele tiers8 jours après la notification
Verser la pension et les arriérés étalésle tierschaque mois, arriérés sur 12 mois

Ce qu’il faut apporter au commissaire de justice

L’original du jugement ou de la convention, le décompte des sommes dues et tous les renseignements utiles sur le débiteur : identité, domicile, adresse de l’employeur, numéro de sécurité sociale. Si le créancier ignore l’adresse du débiteur ou de son employeur, le commissaire de justice interroge les organismes tenus de l’informer, dont l’administration fiscale et la sécurité sociale. Un décompte précis, revalorisations comprises, évite les contestations : l’outil des arriérés le prépare.

Ce que le paiement direct ne couvre pas

Les arriérés plus anciens que 6 mois restent dus, mais doivent être recouvrés autrement : par l’Aripa, qui remonte jusqu’à 5 ans, ou par une saisie sur salaire ou sur compte. Le paiement direct ne fonctionne pas non plus quand le débiteur n’a ni employeur, ni compte, ni revenu identifiable en France ; s’il vit à l’étranger, la voie est celle du bureau du recouvrement des créances alimentaires, décrite dans débiteur à l’étranger.

Paiement direct ou Aripa : comment choisir

Les deux voies ne s’excluent pas, mais elles ne servent pas la même situation. Le paiement direct convient quand on connaît l’employeur ou la banque du débiteur et qu’on veut un effet rapide : il ne demande ni dossier auprès de la CAF ni instruction préalable. L’Aripa convient mieux quand la dette est ancienne, quand on ne connaît pas la situation du débiteur, ou quand on veut ne plus avoir de contact du tout avec lui : elle remonte plus loin dans le temps, revalorise la pension et, pour un parent isolé, avance l’ASF. Dans les deux cas, le titre exécutoire est indispensable.

Retenue mensuelle pendant 12 mois, selon la pension et l’impayé
Pension2 mois impayés4 mois6 mois ou plus
150 €175 €200 €225 €
250 €292 €333 €375 €
400 €467 €533 €600 €
600 €700 €800 €900 €

Au-delà de six mois, la retenue mensuelle n’augmente plus : le surplus d’arriérés sort du paiement direct et doit être réclamé par une autre procédure.

La contestation par le débiteur

Le débiteur peut contester devant le juge de l’exécution du tribunal de son domicile, par exemple s’il estime le décompte faux ou la pension déjà réglée. La contestation ne suspend pas les versements : le tiers continue de payer tant que le juge n’a pas statué. Un débiteur dont les revenus ont réellement baissé doit, lui, demander une révision de la pension au juge aux affaires familiales.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il attendre avant de lancer un paiement direct ?

Aucun délai : selon service-public.fr, le créancier peut engager la procédure dès que le premier versement n’a pas eu lieu à la date prévue, un seul jour de retard suffit. Il faut en revanche disposer d’une décision de justice ou d’une convention immédiatement exécutoire qui fixe la pension. Un créancier de mauvaise foi peut être condamné à une amende civile jusqu’à 10 000 €.

Qui paie les frais du paiement direct ?

Le parent débiteur. Service-public.fr précise que les frais de procédure sont à sa charge et qu’aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension. C’est l’un des intérêts de la procédure : le parent qui ne reçoit pas sa pension n’a pas à financer le recouvrement, il doit seulement fournir les documents et les informations au commissaire de justice.

Que risque un employeur qui ignore le paiement direct ?

Le tiers qui reçoit la demande doit, dans les huit jours, en accuser réception et dire s’il peut y donner suite. S’il est en mesure de payer et ne verse pas la pension au créancier, il encourt une amende de 1 500 € au plus, portée à 3 000 € en cas de récidive. Tant que le juge de l’exécution n’a pas statué sur une contestation, il doit continuer à payer.

Le paiement direct peut-il viser la banque plutôt que l’employeur ?

Oui. Service-public.fr indique que le tiers peut être l’employeur du débiteur ou l’un des dépositaires de ses fonds, comme sa banque. C’est utile quand le débiteur n’est pas salarié mais perçoit des revenus sur un compte connu. Le tiers verse alors au créancier les sommes saisissables, selon les mêmes règles de délai et d’étalement des arriérés que pour un employeur.

Comment le paiement direct prend-il fin ?

Quand le commissaire de justice du créancier notifie au tiers la mainlevée, par lettre recommandée. Il peut aussi prendre fin à la demande du débiteur, grâce à un certificat d’un commissaire de justice attestant que la pension a été supprimée par un nouveau jugement ou une nouvelle convention, ou qu’elle a cessé d’être due, par exemple à l’autonomie de l’enfant.

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Sources

Rédigé par

Éditeur de calculateurs et de guides pratiques · argent du divorce et de la séparation, pension alimentaire, impôts et aides de la CAF

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