Pension alimentaire pour ses parents âgés : l’obligation et la déduction d’impôt
La pension alimentaire ne va pas seulement des parents vers les enfants : elle peut aussi remonter.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale
L’obligation alimentaire joue dans les deux sens : des enfants peuvent devoir aider leurs parents, grands-parents ou beaux-parents dans le besoin, pour leurs besoins indispensables, logement, nourriture, santé. Cette aide peut prendre la forme d’argent versé, du paiement direct de dépenses comme une maison de retraite, ou d’un hébergement. Fiscalement, elle est déductible du revenu de celui qui la verse si l’ascendant est dans le besoin, si l’aide couvre ses besoins essentiels et si elle est proportionnée aux ressources de l’aidant. La déduction n’est pas plafonnée quand les versements sont justifiés : 400 € par mois versés à une mère dans le besoin, soit 4 800 € par an, se déduisent en totalité. Pour un parent hébergé chez soi, un forfait de 4 075 € s’applique sans justificatif. Le simulateur ci-dessous estime la déduction et l’économie d’impôt.
Aider un parent âgé : la déduction
Montant déductible
4 800 €
| Économie d’impôt estimée (1 part) | 1 440 € |
| Règle appliquée | versements justifiés, sans plafond |
Les deux régimes de déduction
| Situation | Montant déductible | Justificatifs |
|---|---|---|
| Versements d’argent ou paiement de dépenses | montant réel, sans plafond | relevés, factures |
| Ascendant hébergé chez vous | forfait de 4 075 € par an | aucun pour le forfait |
| Ascendant de plus de 75 ans hébergé, ressources sous plafond | forfait de 4 075 €, conditions présumées remplies | ressources ≤ 12 411,44 € (seul) ou 19 268,80 € (couple) |
Ce que la déduction fait gagner
| Aide versée par mois | Revenu imposable 30 000 € | 50 000 € | 100 000 € |
|---|---|---|---|
| 200 € | 344 € | 720 € | 984 € |
| 400 € | 608 € | 1 440 € | 1 968 € |
| 800 € | 1 136 € | 2 880 € | 3 936 € |
L’économie dépend de la tranche marginale de celui qui aide. Le parent aidé, lui, déclare la somme reçue, sur laquelle il bénéficie de l’abattement de 10 % des pensions ; s’il est peu ou pas imposable, l’opération réduit l’impôt total de la famille.
Qui doit aider, et combien
Tous les enfants sont tenus, chacun selon ses moyens ; les gendres et belles-filles le sont aussi envers leurs beaux-parents. Le montant n’obéit à aucune table comparable à celle des pensions pour enfants : il dépend des besoins réels du parent (reste à charge d’un établissement, loyer, santé) et des ressources de chaque enfant. Quand les frères et sœurs ne s’entendent pas sur la répartition, le juge aux affaires familiales peut être saisi. Une répartition proportionnelle aux revenus, comme pour les frais exceptionnels d’un enfant, peut servir de base de discussion (voir l’outil de la page frais exceptionnels).
Un exemple chiffré
Une fille aide sa mère, veuve, qui vit en établissement avec une retraite modeste : elle paie directement 500 € par mois de reste à charge, soit 6 000 € par an. Avec un revenu imposable de 50 000 € sur une part, la déduction de 6 000 € lui fait économiser environ 1 800 € d’impôt. Si sa mère touche l’Aspa, elle n’a pas à déclarer ces sommes versées à l’établissement ; sinon, elle les déclare et bénéficie de l’abattement de 10 %. Si la mère venait vivre chez sa fille, le forfait de 4 075 € remplacerait les frais réels.
Les points de vigilance
- Garder les preuves : virements, factures payées à la place du parent, preuve de son état de besoin.
- Rester proportionné : une aide hors de proportion avec vos ressources peut être remise en cause.
- Choisir entre déduction et crédit d’impôt si vous employez une aide à domicile chez votre parent : les deux ne se cumulent pas.
- Prévenir le parent qu’il doit déclarer ce que vous déduisez, sauf l’exception des faibles ressources pour les frais de séjour en établissement.