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Prestation compensatoire : trois méthodes de calcul et ce qu’en dit la loi

Le simulateur confronte les méthodes de la pratique ; le texte explique pourquoi aucune ne fait foi.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale

La prestation compensatoire est une somme versée par un époux à l’autre pour compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans leurs conditions de vie (Code civil, article 270). Aucun barème n’existe : le juge, ou les époux dans leur convention, la fixent selon les besoins de l’un et les ressources de l’autre, en regardant la durée du mariage, l’âge et la santé, la qualification, les choix professionnels faits pour la famille, le patrimoine après liquidation et les droits à retraite. La pratique s’aide de méthodes de calcul. Pour un couple à 4 500 € et 1 800 € de revenus mensuels marié dix-huit ans, elles donnent 24 300 €, 51 840 € et 97 200 € : un rapport de un à 4. Versée en capital dans les douze mois, la prestation ouvre une réduction d’impôt de 25 % dans la limite de 30 500 € versés.

Prestation compensatoire : trois méthodes indicatives

Fourchette indicative (capital)

24 300 € – 97 200 €

Moitié de l’écart mensuel × années24 300 €
20 % de l’écart annuel × 8 ans51 840 €
Tiers de l’écart annuel × moitié de la durée97 200 €
Écart de revenus par mois2 700 €

Aucune méthode n’a de valeur légale : le juge apprécie les critères de l’article 271 du Code civil.

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Les critères que le juge doit examiner

L’article 271 du Code civil donne une liste, non limitative. Le juge regarde la durée du mariage ; l’âge et l’état de santé des époux ; leur qualification et leur situation professionnelles ; les conséquences des choix professionnels faits par l’un pendant la vie commune pour l’éducation des enfants, ou pour favoriser la carrière de l’autre au détriment de la sienne ; le patrimoine estimé ou prévisible des époux, en capital et en revenu, après la liquidation du régime matrimonial ; leurs droits existants et prévisibles ; leur situation en matière de retraite, en tenant compte de la baisse des droits subie par celui qui a réduit son activité.

Ces critères expliquent pourquoi deux couples aux revenus identiques obtiennent des montants très différents. Une épouse de cinquante-cinq ans qui a cessé de travailler quinze ans pour élever trois enfants n’est pas dans la situation d’un époux de trente-cinq ans dont l’écart de salaire existait déjà avant le mariage. Le calcul par l’écart de revenus ne voit ni l’une ni l’autre de ces différences.

Les trois méthodes, appliquées à quatre couples

Montants indicatifs en capital selon la méthode (revenus mensuels, durée en années)
Revenus A / BDuréeMoitié écart × années20 % × 8 ansTiers × moitié durée
3 000 € / 2 000 €10 ans5 000 €19 200 €20 000 €
4 500 € / 1 800 €18 ans24 300 €51 840 €97 200 €
6 000 € / 2 000 €23 ans46 000 €76 800 €184 000 €
8 000 € / 0 €30 ans120 000 €153 600 €480 000 €

La première méthode, moitié de l’écart mensuel multipliée par le nombre d’années de mariage, donne les montants les plus bas sur les unions courtes. La deuxième, 20 % de l’écart annuel sur huit ans, borne la prestation à l’horizon maximal d’échelonnement et ne dépend pas de la durée. La troisième, tiers de l’écart annuel multiplié par la moitié de la durée, double à chaque doublement de la durée. Les cabinets les combinent, puis corrigent selon le patrimoine et la retraite ; le résultat se discute dans la convention ou devant le juge.

Capital, versements étalés ou rente : la fiscalité change tout

À montant égal, la forme décide de l’impôt de chacun. Avec 30 000 € et un revenu imposable de 60 000 € pour celui qui paie, un capital versé dans les douze mois lui fait économiser 7 500 € par la réduction d’impôt ; les mêmes 30 000 € versés en plusieurs années sont déduits de son revenu, et l’économie dépend alors de sa tranche, 9 000 € ici sur une année, mais le bénéficiaire déclare 27 000 €.

Capital en un an, versements étalés ou rente : l’impôt

Impôt économisé par celui qui verse

7 500 €

Réduction d’impôt (25 %, assiette 30 500 € au plus)7 500 €
Coût net pour celui qui verse22 500 €
Imposable chez celui qui reçoit0 €

Une part de quotient familial, sans décote : ordre de grandeur.

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Régime fiscal selon la forme de la prestation
FormeCelui qui verseCelui qui reçoit
Capital en une fois ou sur 12 mois au plusréduction de 25 %, 7 625 € au plusnon imposable
Capital échelonné sur plus de 12 moissommes déductibles du revenuimposable, abattement de 10 %
Rentedéductibleimposable, abattement de 10 %
Capital complété par une renteréduction sur le capital, déduction de la renterente imposable

Prestation compensatoire et pension alimentaire ne se confondent pas

La pension pour les enfants se calcule à part, sur la table du ministère de la Justice, et ne s’impute jamais sur la prestation compensatoire. Pendant la procédure, l’époux dans le besoin peut recevoir une pension au titre du devoir de secours, qui cesse au prononcé du divorce : la page pension entre époux en décrit les règles. Le partage des biens, enfin, précède logiquement la prestation : un époux qui reçoit la moitié d’un patrimoine important a moins besoin d’être compensé, ce que la liquidation de la communauté permet de mesurer.

Questions fréquentes

Existe-t-il un barème officiel de la prestation compensatoire ?

Non. Le Code civil ne fixe ni formule ni barème : l’article 271 demande au juge de tenir compte des besoins de l’un et des ressources de l’autre, au moment du divorce et dans un avenir prévisible, à partir d’une liste de critères. Les méthodes qui circulent, tiers de l’écart de revenus ou pourcentage sur huit ans, sont des outils de travail d’avocats et de magistrats, sans valeur obligatoire.

Pourquoi les méthodes donnent-elles des résultats si différents ?

Parce qu’elles ne pèsent pas la durée du mariage de la même façon. La méthode du tiers multiplie l’écart par la moitié des années de mariage : elle explose sur les longues unions. Celle des 20 % sur huit ans ignore la durée. Pour un couple à 4 500 € et 1 800 € par mois marié dix-huit ans, l’écart va de 24 300 € à 97 200 €. Ce grand écart est précisément la raison pour laquelle aucune n’est retenue telle quelle.

Le juge peut-il refuser une prestation compensatoire ?

Oui. Il peut la refuser si l’équité le commande, au vu des critères de l’article 271, ou lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l’époux qui la demande, au regard des circonstances particulières de la rupture. Il la refuse aussi quand la rupture ne crée pas de disparité réelle dans les conditions de vie, par exemple entre deux époux aux revenus et patrimoines comparables.

Peut-on payer la prestation compensatoire en plusieurs fois ?

Oui. Quand le capital ne peut pas être versé en une fois, la convention ou le jugement peut l’échelonner en versements mensuels, trimestriels ou annuels, sur 8 ans au plus, indexés comme une pension alimentaire. Le juge peut exceptionnellement dépasser cette durée par une décision motivée. Le débiteur peut toujours solder le capital restant dû par anticipation.

Que se passe-t-il si mes revenus baissent après le divorce ?

Un capital versé en une fois ne se révise jamais. Un capital échelonné peut voir ses modalités de paiement revues en cas de changement important de situation, sans que son montant soit modifié. Seule une rente peut être révisée, suspendue ou supprimée, à la demande du débiteur ou de ses héritiers, si les ressources ou les besoins de l’un ou de l’autre ont beaucoup changé.

La prestation compensatoire est-elle imposable pour celui qui la reçoit ?

Tout dépend de la forme. Un capital versé en une fois ou sur douze mois au plus n’est pas imposable chez le bénéficiaire, et celui qui paie obtient une réduction d’impôt. Des versements étalés sur plus de douze mois ou une rente sont déductibles chez le débiteur et imposables chez le bénéficiaire, comme une pension, après l’abattement de 10 %.

Calculs et guides associés

Sources

Rédigé par

Éditeur de calculateurs et de guides pratiques · argent du divorce et de la séparation, pension alimentaire, impôts et aides de la CAF

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